El Tren Blanco, premier collectif “Kartonero” du monde

A Buenos Aires, après l’aggravation de la crise économique et sociale qui touchait l’Argentine depuis la fin des années 1990, et le tristement célèbre « corralito » , les rues portègnes virent affluer toujours plus de « cartoneros ». Ces exclus poussant d’immenses chariots et obtenant de modestes rétributions de la collecte du carton et des dérivés du papier étaient, et sont encore à l’heure d’aujourd’hui, le symbole de la violence de la crise argentine.

Mais en ces temps difficiles, le génie s’aiguise et les idées alternatives s’affirment comme porteuses d’espoir. Voilà pourquoi, un jour de janvier 2003, le jeune écrivain argentin Washington Cucurto et l’artiste plasticien Javier Barilaro créèrent les éditions Eloisa qui quelques mois plus tard enfantèrent d’Eloisa Cartonera. « Nous achetons le carton aux cartoneros qui viennent à la fabrique avec du carton spécialement sélectionné. Ce carton on le découpe, on le peint puis on colle à l’intérieur le livre, que nous imprimons sur notre Multilith 1250. Et c’est fait ! C’est simple et beau, c’est un livre de carton… » écrit Cucurto dans le manifeste de cette alter maison d’édition « cartonera ».

Cela fait aujourd’hui huit ans que la coopérative d’Eloisa Cartonera ne cesse de grandir offrant l’opportunité à de jeunes auteurs de sortirent de l’anonymat tout en tendant la main à ceux qui en ont besoin.

Evidemment, l’idée c’est exporter et les petites sœurs « cartoneras » sont à cette heure une cinquantaine à marcher dans la même direction à travers le monde. La France n’est pas en reste et voit naitre en 2010 les projets Yvonne Cartonera, La Guêpe Cartonnière et Babel Cartonera puis en 2011 le projet Cephisa Cartonera. En collaboration étroite avec Eloisa Cartonera et ces petites sœurs, leurs buts principaux est de publier de jeunes auteurs à la recherche d’une première expérience éditoriale mais aussi d’offrir un champ d’expression à de jeunes artistes peintres et plasticiens de France et d’Europe. Dans notre démarche nous favorisons une action sociale de réinsertion, une action de facilitation de l’accès à la culture, une action écologique de réutilisation du carton et enfin une action communautaire visant à mutualiser les compétences dans un projet global.

Cette mutualisation prend aujourd’hui la forme du premier collectif « cartonero » au monde, « El Tren Blanco », ou « Le Train Blanc », qui regroupe les projets français d’Yvonne Cartonera (Paris), La Guêpe Cartonnière (Paris), Babel Cartonera (Bagnières de Luchon) et Cephisa Cartonera (Clermont-Ferrand).
Les alter-maisons d’éditions françaises empruntent désormais les flots du fleuve « cartonero » vers une mer de mots, de couleurs et de partage…

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