Yvonne Cartonera (Paris)

Dans le triste paysage actuel nous sommes quelques-uns à penser que les livres pourraient ne pas être des objets interchangeables étalés sur des rayonnages, mais des petits univers qui portent la vie et la voix propres de leur auteur… En dérivant dans Paris et ses banlieues, attentif au fourmillement, les yeux et les oreilles ouverts, on entend des histoires peuplées des folies d’ailleurs et d’ici, qui se croisent en leur langage propre jusqu’à former l’odyssée de notre temps… Les voix profondes et les belles plumes sont nombreuses, mais aussi les lecteurs impatients d’un livre qui ne soit pas un « objet » décoratif, mais le lieu d’une rencontre. Ainsi nous pensons que le livre cartonero a sa place en France, dans les grandes villes et leurs « faubourgs », dans les campagnes, partout où face à la systématisation du ravage on s’est lassé de la « littérature » industrielle… En fabriquant de façon artisanale un livre, résultat précieux du travail de quelques mains amies à partir d’une matière recyclée, nous souhaitons que les écritures de personnes d’ici et d’ailleurs, sédentaires ou de passage, connues ou inconnues, voyagent sur du carton jusqu’aux lieux où elles seront entendues…

Il y a longtemps Mademoiselle Yvonne quitta Paris pour suivre le chemin de l’amour. Envoûtée par les mots charmants d’un tanguero de Buenos Aires,elle arriva au bord du Rio de la Plata en des jours d’abondance, on voyait alors à l’horizon se profiler le bonheur, la prospérité et la bonne fortune…
Les années ont passé et les illusions se sont perdues… Yvonne n’était pas seule à déchanter. Le pays qui l’avait accueillie avec optimisme ne tenait pas ses promesses, comme l’Argentin qui l’avait persuadée d’abandonner Paris. La grisette parisienne se fit prostituée, devint la Madame Yvonne qui boit tristement du champagne, ainsi que la célèbrent les chansons de tango…
Aujourd’hui Yvonne se débarrasse du poids de ces tristes années et rapporte à Paris les espoirs de sa jeunesse, sa joie première qui à son arrivée en Argentine s’était convertie en alegria… C’est en robe de carton qu’elle quitte dignement les banlieues de Buenos Aires vers la France, prête à chanter sa nouvelle vie dans les lieux qu’il lui faudra inventer …

Né au printemps 2010, Yvonne Cartonera est le projet le plus expérimenté du collectif. L’alter-maison d’édition “cartonera” parisienne publie déjà pas moins de six titres :

Rodolfo Walsh, “lettre ouverte à la junte militaire, lettre à mes amis“, édition bilingue, Avril 2010, politique.
Jacques Jouet, ” Poèmes portraits“, avril 2010, poésie.
Nisari – Navajo, “Kaboul Paris“, avril 2010, récit de vie.
Paco Leonarte, “Tranche de vie“, avril 2010, nouvelles.
Camille Loivier, “Les 24 “souffles” Qi, et les 72 “signes saisonniers” Hou“, Octobre 2010, poésie.
Reynoso – Leonarte – De Vivies, “Vertilabundus“, Octobre 2010, recueil de théâtre.

Par ailleurs, les membres d’Yvonne Cartonera participent à l’élaboration d’ateliers d’écriture et de fabrication de livres en carton en collaboration avec le Ministère de la Régularisation de tous les Sans Papiers.

Vous trouverez plus d’information sur le blog d’Yvonne Cartonera : http://yvonnecartonera.blogspot.com/

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